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     Le temps passe...Projetons-nous dans l'avenir. Cependant, 2014 nous permet de regarder les leçons du passé ; espérons leçons de Sagesse pour éclairer notre futur.
 
     Il y a cent ans dans le ciel obscur des conflits mourait brusquement Charles Péguy, poète illustre, chrétien engagé, qui a sillonné comme pèlerin notre terre de Beauce.

Mémoire du futur...
     Avec tous ceux qui célèbrent le centenaire de sa disparition au champ de bataille, évoquons sa mémoire en citant une de ses dernières lettres adressée à son épouse  Charlotte : "Je pense à  vous. Si je ne  reviens pas, vous irez pour moi à Chartres tous les ans, vous ne pouvez savoir ce que nous devons à Chartres". En effet, à Chartres il avait présenté ses enfants à Notre-Dame de Beauce, à "celle qui est plus jeune que le péché". 
 
     Son verbe, sa parole lumineuse s'écoule en vagues successives et donnent un relief saisissant à la langue française. Engagé, il croyait en la communion des Saints et travailla à la communion entre les hommes, bien que souvent incompris.
 
     Comme Jésus lui-même, Charles Péguy ne pouvait séparer le charnel du spirituel, le temporel de l'éternel. Génie littéraire, il restait simple, priant le chapelet à la main, affirmant qu'un même Esprit pouvait animer le bâtisseur de cathédrale et la rempailleuse de chaises.
 
     Il a chanté l'Espérance et les petits enfants, surtout dans son œuvre: "les Saints innocents" Il semble percevoir en eux un regard toujours bleu: "Beaux  enfants, votre regard est le regard même de Jésus". Dans le magnifique et long poème "Eve", il contemple l'enfant de la crèche où le Christ Rédempteur est déjà offert:
 
                    "Et le sang qui devait couler au calvaire
                     D'une quadruple plaie et d'une plaie au flanc
                     N'était sous la pénombre et la douce lumière
                     Que ce réseau d'amour d'un enfant rose et blanc".

     Loin d'être un rêveur, Péguy semble être prophète du futur lorsqu'il parle de l'école, dont il épingle les limites! données toujours actuelles !
 
                     On envoie les enfants à l'école, dit Dieu.
                     Je pense que c'est pour oublier le peu qu'ils savent.
                     On ferait mieux d'envoyer les parents à l'école
                     C'est eux qui en ont besoin.
                     Mais naturellement il faudrait une école de moi.
                     Et non une école d'hommes...in:"Le mystère des saints innocents".

     Il avait découvert, ce fils de la république, que l'école, fondamentale et utile à l'éducation, si elle reste uniquement close et fermée sur elle même dans un bas humanisme sans transcendance, loin de diviniser l'homme, peut hélas, l'abêtir grandement.

     Le temps passe...Enracinés dans le passé, nous courons, tendus en avant.


     Père Jacques